860 CAMERAS, 1800 MICROPHONES ET 25 BZZZZZZZ !

La présence de drones, dans la couverture TV du sport et plus particulièrement celle des Jeux olympiques, n’est pas nouvelle. Ce qui l’est, en revanche, c’est le type de drones utilisés Milano Cortina 2026 et son bourdonnement, son ‘bzzz’ incontournable et familiers des oreilles des téléspectateurs. Le grand patron d’OBS (Olympic Broadcasting Services), le grec Yiannis Exarchos, le sait et commente le phénomène dans un sujet développé dans les colonnes de l’AIPS, l’Association internationale de la presse sportive.

La génération FPV

« Nous avons un total de 25 drones. Nous les utilisons dans presque tous les sports, à l’exception du hockey sur glace et du curling.  Ces appareils, maniables et de haute technologie, ont été incorporés pour améliorer la couverture des Jeux. Ces drones, de la génération FPV, couvrent de vastes distances, captent des séquences à grande vitesse, jusqu’à 120 km/h ».

Des drones sont utilisés aux Jeux olympiques depuis 2014, à Sotchi (RUS), mais ceux de la dernière génération FPV, depuis Paris 2024. L’introduction des drones FPV a été décidée après de nombreux tests approfondis, en coordination avec les fédérations internationales. « Nous ne voulions pas que cela devienne un élément qui affecte négativement les compétitions. Nous voulions que cela devienne un facteur d’amélioration de l’image. »

L’important est que les images tournées soient retransmises en direct (Photo : Bernard Python/ANPS)

L’homme à la manœuvre

Les pilotes de ces drones ont été formés dans les sports respectifs et certains d’entre eux ont des antécédents sportifs. « Pour un seul drone FPV, deux personnes sont nécessaires : le pilote et un observateur, assis à côté de lui, qui le guide dans toutes les situations, dans l’espace. Le pilote porte des lunettes de protection et ne peut tout observer autour de lui. Par exemple, le pilote du FPV, en saut à ski, est, lui-même, un sauteur; il connaît tous les athlètes et le sport dans ses moindres détails. C’est lui qui a informé, conseillé nos producteurs et qui leur a démontré comment ‘capter’ le saut aussi bien dans sa forme que dans son esprit. »

Bzzzzzzzzzz !

Le bruit provoqué par la rotation des pales des drones a soulevé certaines interrogations. Yiannis Exarchos explique: «Dans la couverture qu’OBS fait pour les Jeux olympiques, il existe un plan audio extrêmement sophistiqué. Nous utilisons 860 caméras pour couvrir les Jeux, mais nous utilisons 1800 microphones ! Vous ne les voyez pas nécessairement parce que nous planifions pendant des années comment nous allons les cacher dans la neige, dans le décor naturel. ».

OBS déploie une panoplie impressionnante de technologies diverses pour la couverture des JO. En été comme en hiver (Photo : Minkusimages)

« S’agissant des athlètes, ils n’entendent pratiquement rien de ce bruit. Tout d’abord, le drone se trouve derrière eux. Ils doivent également faire face au bruit du vent et ils portent des casques. Nous n’avons pas entendu parler de ce bruit chez les athlètes. Je dirais que le problème est plus chez les téléspectateurs. Quoi qu’il en soit, je pense qu’au fil des années, ce bruit, avec la technologie, sera réduit. »

En effet, il y a fort à parier qu’avec l’IA et ses promesses technologiques, il sera possible de réduire la ‘capture’ de ce bourdonnement par les microphones embarqués. Mais en l’état, des images spectaculaires captées par les drones valent bien un petit ‘bzzzz’ !

Source : AIPS