LE JOURNALISTE, LE PHOTOGRAPHE ET LE PRÉSIDENT !
La disparition récente de Valentin Borghini est une invitation adressée à toute la communauté des journalistes sportifs neuchâtelois, à revisiter le parcours et les événements qui ont conduit à la création de leur association faîtière. En effet, le personnage est intimement lié à l’événement et, plus largement, à la promotion du sport en terre neuchâteloise, à travers les nombreux articles de presse et reportages qu’il y aura consacrés tout au long de sa carrière de journaliste sportif.
L’histoire de l’ANPS est, en effet, celle d’un trio de passionnés de sport, une passion qui les conduit à créer une amicale. Ils se réunissent régulièrement au restaurant du Rocher sur les Hauts de Neuchâtel; un établissement disparu depuis. Autour de la table conversent Eric Walter, Valentin Borghini et Willy Cameroni. Les rôles sont rapidement distribués : la présidence pour l’avocat Eric Walter, la vice-présidence pour le futur Chancelier de la Ville, Valentin Borghini, et le secrétariat pour Willy Cameroni. Quelques courtes semaines plus tard, Claude Weber les rejoint et endosse le costume de Trésorier. Nous sommes dans les premiers mois de 1963.
La toute jeune amicale fait alors sa ‘pub’ parmi les journalistes et pigistes actifs dans le canton. Dix-huit signatures’ répondent à l’appel du président Walter. Le chiffre le réjouit et le motive. Aussi, convoque-t-il tout ce monde en une assemblée générale en novembre de la même année.
C’est l’acte fondateur de l’actuelle Association Neuchâteloise de la Presse Sportive.
Le Stamm.
Le ‘Rocher’, c’est aussi le ‘Stamm’ du FC Cantonal et de son président, le laitier Max Laborn. Dans son ‘église’, les commentaires parfois acides de l’Amicale à l’endroit du Club passent mal. En ce lieu, on ne plaisante pas avec le foot et encore moins avec le FC Cantonal. D’autant plus que Valentin Borghini y joue, aux côtés d’André Facchinetti, oncle de Gilbert et de la ‘star’ du moment, Traugott Oberer. Ce dernier en sera même l’entraîneur, mais sans la réussite ni le panache qui entouraient le joueur.
Les assemblées de l’ANPS se succèdent au Rocher et donne à l’Association un véritable statut et une reconnaissance saluée dans toute la Suisse romande. L’effectif croît. Le président-avocat Eric Walter abandonne son étude pour se consacrer exclusivement au journalisme et au radio reportage sportif. Dans cette posture, il est alors l’objet de sympathiques moqueries de la part de son confrère et ami Me Squibbs Suez, en raison de son accent neuchâtelois. Piqué au vif et dans le plus grand secret, ledit neuchâtelois prend des leçons de diction! Leurs voix à l’antenne sont désormais familières de milliers d’auditeurs.
Le journaliste
On l’a démontré, Valentin Borghini voue une passion débordante pour le football, son sport. Ses crampons foulent les terrains, traversent les vestiaires de la plupart des clubs neuchâtelois, dont il connaît les principaux acteurs, joueurs et dirigeants. Sa carrière sportive achevée, il en conte les intrigues et les dénouements depuis la tribune de presse.

C’est justement à l’un de ses gouvernants qu’il témoigne tout à la fois enthousiasme et admiration. Une complicité qui le conduit à l’écriture d’un ouvrage édité en 2007 et qui lui est entièrement consacré: «Les confessions de Facchi».
L’auteur est en effet très proche du président Gilbert Facchinetti, partageant ses succès comme ses doutes, la gloire comme les revers. Un document intime, révélateur de la personnalité publique et secrète de ce personnage connu des stades européens les plus prestigieux.

Valentin Borghini lui consacre son dernier paragraphe, ainsi qu’à son épouse ‘Vally’ en ces termes :
«Bien qu’arrivé à proximité de la dernière ligne droite de l’existence, on n’est pas vieux pour autant. Il s’agit plutôt, paraît-il, de jeunesse accumulée. Grâce à Gilbert, j’ai revécu, comme amical témoin, toute une tranche de sa vie, avec quelques séquences communes. Quel plaisir ! Merveilleux souvenirs! Et le plus réjouissant, SJY, comme écrivait chaque soir Tolstoï, en d’autres termes «Si Je Vis», c’est que nous allons en accumuler d’autres. Ce qui pourrait nous valoir un deuxième livre ! Cependant, n’oublions pas le principal ! Sans Vally Facchinetti, ce livre, qui a déjà attendu dix ans, n’aurait jamais vu le jour. Si vous avez passé d’agréables moments en le parcourant, c’est elle qu’il vous faut remercier. » Valentin Borghini
Le photographe
Le texte, signé de Valentin Borghini. est illustré par un complice de l’ANPS, Bernard Python, alors photographe officiel du Neuchâtel Xamax FC de la grande époque des Rouge et Noir. Ces clichés nous révèlent l’homme attachant, proche de ses joueurs, imprégné du code d’honneur qui magnifie les vrais patrons.

En 2007, le photographe du Club se souvient de ses ‘shooting’ passés sur et hors des stades pour illustrer le propos de Valentin Borghini :
« En parcourant ce livre, je ne peux pas m’empêcher de me retrouver autour de la grande table à la Villa, face à Gilbert qui nourrissait la séance de souvenirs et à Valentin qui essayait de mettre de l’ordre dans tous ces souvenirs. Et, moi ? J’étais stupéfait de les écouter, en n’oubliant que ce sera à moi de mettre des images à tous ces faits historiques. (beaucoup de travail d’archivage et de scanning) La délicatesse verbale et son sourire accompagnaient sa plume qui remplissait des pages. Valentin était dans son monde de la composition comme un musicien remplissant une nouvelle partition. »

